Hyperfan

5 Fév
Je connais William Serfass du groupe We were Evergreen, groupe dont je vous ai parlé ici. Il s’avère que William monte un projet tout à fait différent, Hyperfan. S’il me faut avoir l’honnêteté d’avouer que si je me suis penchée sur ce projet électro, c’est avant tout grâce à la sympathie que j’éprouve pour les We were Evergreen (et en même temps pourquoi pas?), je dois reconnaitre que moi qui suis plutôt réfractaire à ce type de musique, j’y ai trouvé ce que je ne m’attendais absolument pas à apercevoir : des histoires, qui plus est plutôt joliment comptées.  Si ce n’est des histoires tout du moins des sensations entêtantes qui finissent par vous parler. Parce que finalement il n’y a pas que les mots qui parlent. J’ai particulièrement apprécié le morceau « We are all the same ». Voici la première video Live d’Hyperfan.

Hyperfan – Performance n°1 from William Serfass on Vimeo.

William expose au blog, et bien mieux que je ne le fais, ce qu’Hyperfan veut dire, ce qu’il y met dedans.

*C’est un projet que tu avais commencé avant les we were evergreen ou bien c’est nouveau pour toi?

Mon projet solo HYPERFAN n’a rien à voir avec We Were Evergreen, le groupe dans lequel je joue et arrange les morceaux.
J’aime dire qu’HYPERFAN c’est de l’électro/artisanale dans le sens où, si les performances sonnent « électro » et « festives », elles sont quasi entièrement construites de manière acoustique, avec quelques percussions, du beat box et un vieux synthé acheté dans une brocante à Berlin.
A la base, notre groupe cherche à raconter des histoires, ce sont des chansons, de la ToyPop.
Hyperfan ce n’est que du Live, de l’improvisation, de la performance, de la musique expérimentale.

*C’est un projet que tu avais commencé avant les we were evergreen ou bien c’est nouveau pour toi?

Hyperfan est né le 21 Juin 2010, devant une petite centaine de personnes, sur le Canal St Martin. (Avec le groupe à cette époque là on avait déjà fait les Eurockéennes de Belfort …).
Mais c’est un projet que je rode depuis 2009. J’ai bossé pendant une grosse année, j’ai fait des essais (Chez Justine, La Dame de Canton …), j’ai travaillé avec différents ingé-son pour avoir des avis techniques différents. Et puis ça y est, 2011, c’est parti.

*Un besoin d’émancipation totale ou bien c’est un travail perso qui se retrouve dans les compo de ton groupe?

Je n’ai pas attendu de rencontrer Fabienne et Michael pour m’émanciper. J’ai une quinzaine d’année de conservatoire derrière moi, et j’ai des groupe depuis l’âge de 14 ans… Je suis passé par l’orchestre, le Jazz, le Rock, la Pop. J’ai rencontré mes deux acolytes très tard finalement. Bien sûr j’ai toujours su que la formule trio avait quelque chose de très intéressant, contraignante parfois, mais permettant de se dépasser aussi, d’aller chercher plus loin.
Mais ces deux projets sont extrêmement différents, aussi parce qu’ils n’ont pas du tout les mêmes objectifs, ils ne visent pas le même public, ni les mêmes lieux. Avec le groupe nous sommes plus amenés à jouer sur des scènes, dans des salles de concerts, des festivals, à faire des albums, des clips etc… Hyperfan est un projet à part. Il se prête plus à des clubs, des afters, des squatts, des espaces dédiés à l’art contemporain, et souvent à des heures plus tardives. J’ai envie de travailler en collaboration avec des artistes plasticiens aussi. Hyperfan ne raconte pas des histoires. Les seuls éléments poétiques ou textuels qui existent sont plus sous la forme d’idées. Il m’arrive même d’exprimer mon dégoût pour les textes et de chanter des onomatopées, ou du yaourt (comme dans la vidéo qui sort le 6 Février). Finalement, il y a un peu de scat et d’écriture automatique dans Hyperfan.
Après, j’utilise un peu de sampling live avec WWE. Mais ce n’est que de la technique. C’est un peu comme si on comparait Jimmy Hendrix et Boby Lapointe juste parce qu’ils utilisent tous les deux une guitare…
-M- et Congopunk (le projet de son batteur Cyril Attef) n’ont rien à voir. L’un écrit des chansons, l’autre fait de la performance. C’est pareil pour WWE et Hyperfan, ce sont deux projets très différents.

*Le nom « Hyperfan », des velléités subliminales?

J’ai choisi le nom d’Hyperfan pour deux raisons: d’une part comme une façon de critiquer le superlatif incessant qui a envahi notre société. On ne marche plus dans la rue tranquillement sans être agressé par la Pub et les « exceptionnel, unique, meilleur, inédit », etc…. Alors j’avais envie d’aller au bout, comme si Hyper était le plus du plus, « le best of the must of the world » comme je le chante parfois. D’autre part, je pense être inspiré par plus de deux millénaires de musique. J’ai eu la chance d’étudier la musique du chant grégorien jusqu’à ce qui se créé à l’Ircam aujourd’hui (inutile donc de me demander quelles sont mes références). D’où le Hyperfan, fan de tout.

*Qu’entends par performance improvisée?

La musique d’Hyperfan est improvisée, c’est-à-dire que je ne sais pas ce que je vais jouer avant de commencer, ni combien de temps ça va durer. J’ai des thèmes musicaux, des mélodies, des beats ou des éléments divers qui me tiennent à cœur, et que je peux glisser tout au long de la performance (45 minutes à 1h30), mais j’essaye surtout de sentir l’atmosphère du lieu, l’énergie du public, et de jouer avec ces aspects là. C’est une liberté et à la fois un risque. J’aime l’idée de devoir choisir entre donner aux gens ce qu’ils veulent ou bien les en priver.
C’est aussi en ça que c’est une performance, à l’opposé d’un concert où l’on essaye de tout maîtriser, pour emmener l’auditeur vers là où on l’a imaginé en écrivant le morceau. Avec Hyperfan, j’aimerais transporter le public, et moi-même, vers quelque chose d’inattendu. C’est ce qui m’intéresse dans l’improvisation, c’est l’erreur, l’accident (musical) qui va faire basculer la suite, ce que l’on va ressentir alors à ce moment là, et qu’on ne ressentira plus quand ce sera terminé. Même si c’est très utopiste…
La musique progressive permet de construire une idée musicale sur l’instant. Chaque nouvel élément va influencer la suite. Elle va donc de paire avec l’improvisation, je pense.

Les.Âm-AteURs Le blog souhaite une longue route à Hyperfan que vous pouvez retrouver( et soutenir) ici et ici.

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