Lidwine ou l’ensorceleuse

16 Nov
Ce qui marque, voire renverse, dès les premières notes sculptées par Lidwine,
c’est son incroyable voix. Etrange mélange d’une fragilité, peut être entretenue, et d’une puissance parfaitement dominée. Elle dessine sans hésitation les contours de son univers, mystérieux et enivrant, tout juste à portée sans jamais pouvoir être totalement capté. On se retrouve à parfaite distance. Assez près pour être happé, tout juste éloigné pour en rester hébété. Lidwine c’est autre chose que « juste » de la bonne musique. On perçoit un réel engagement artistique, une façon d’appréhender la scène, la sienne, de façon globale dans une démarche flirtant avec l’esthétique. Sa créativité, siamoisée de son originalité, est conduite par une maitrise ahurissante d’instruments sortis du gremier. Une harpe, tout un tas de cloche, un Harmonium indien. Dire que ma guitare est à jamais restée indomptée rajoute à cette performance.
Les Âm-AteURs lui ont demandé de se prêter au jeu d’une « pas vraiment interview », elle a gentillement accepté, (c’est une première pour nous deux). Voici ce qu’elle a bien voulu nous dévoiler:
  • *Lidwine, tu en es, apparemment, au tout début de tes représentations?
Oui je peux encore les compter sur les doigts de mes mains !
  • *Tu nous proposes tout de même un univers ultra chiadé et tu te tiens bien droit dans tes bottes.
Merci.
J‘ai pris mon temps. Il faut être sacrément patient quand on ne sait pas ce que l’on cherche. C’est un peu comme trouver un casse-tête chinois par terre, se mettre à jouer avec les différentes pièces qui le composent, n’avoir qu’une vague idée de la forme finale que doit avoir l’objet, mais l’intime conviction que l’on peut réussir à assembler ses pièces de manière harmonieuse.Il faut essayer, faire des erreurs, recommencer, faire et défaire jusqu’à ce que les éléments s’imbriquent naturellement. Lorsque j’ai eu enfin l’impression que les choses avaient trouvé leurs places, je me suis dis qu’il était temps que je sorte de chez moi.
  • *Je t’ai vue lors du Sofar durant lequel tu as joué en accoustique. Tu te sentais d’ailleurs un peu « nue ». Ton spectacle propose des séquences électroniques?
Oui c’est le cas. J’aime l’idée du mariage des instruments acoustiques et de l’électronique, je la trouve poétique et j’aime ses résultats sonores. Sur scène, j’ai fait mes premiers concerts seule, mais j’ai désormais le plaisir et la chance d’être accompagnée par Jérémie Poirier-Quinot qui est un musicien hors pair, d’une exquise sensibilité et d’une extrême générosité. Au cours du set, nous mêlons séquences électroniques (souvent rythmiques, mais pas uniquement) et utilisation de différents instruments acoustiques. A terme, mon souhait est que nous soyons rejoints par un percussionniste.
  • *C’est ton amour pour la musique qui a coulé vers celui des instruments ou l’inverse?

Je ne sais pas de quand date mon intérêt pour les instruments de musique. Je crois que d’une part j’ai toujours aimé les vieux objets, les vieux meubles, les bibelots… ça doit être lié à des souvenirs d’enfance, des lieux dans lesquels j’ai vécu. D’autre part, j’aime les matières, le bois, le cuivre, les cordes.  J’aime imaginer l’amour et le soin avec lesquels ils ont été conçus puis fabriqués. J’aime la poésie des mécanismes, des pitons et des systèmes et enfin je suis gourmande de sons.

  • *Où trouves-tu ces instruments sortis d’on ne sait trop où? (vous pouvez voir Lidwine jouer de l’harmonium, de l’autoharpe ou encore du taishogoto)

Il s’agit de rencontres et comme pour les rencontres humaines, elles sont faites de hasard et de nécessité.Je raffole de cuisine indienne et je vais régulièrement faire quelques courses Passage Brady dans le 10ème arrondissement . C’est là que j’ai trouvé mon
harmonium il y a un peu plus de 7 ans. J’ai d’abord été séduite par son aspect visuel, puis je suis entrée dans le magasin, j’ai actionné le soufflet, j’ai joué deux trois notes et suis repartie avec.

Quelques années plus tard, je suis tombée par hasard sur une autoharpe dans un magasin de musique. Quelqu’un l’avait commandée, mais n’était jamais venu la récupérer.C’est à force de gratter les cordes de cette autoharpe que je me suis dis qu’apprendre à jouer de la harpe serait vraiment excitant. Dès que j’ai eu assez d’argent, j’ai acheté celle que j’avais repérée dans le Magasin de la Harpe.

Je me promène aussi régulièrement sur Ebay, c’est là que j’ai trouvé mon arme secrète : le taishogoto ! Mon critère de recherche préféré : « Autres instruments ».

  • *Es-tu autodidacte?ou as-tu suivi une formation musicale?
Je n’ai suivi aucune formation musicale, ce que je regrette souvent. J’ai tout appris seule ou avec l’aide de quelques précieux amis.

En revanche, je me rattrape un peu depuis un an lors de mes cours de harpe et je travaille régulièrement ma voix avec un excellent professeur de technique vocale.

  • *Tes inspirations?
Musicalement, je peux aussi bien être inspirée par l’écoute d’un morceau de Beyoncé, que par des chants mauritaniens ou un Opéra de Richard Strauss. J’ai passé le mois dernier à écouter en boucle certains vieux albums de Prince que j’admire énormément pour ses qualités de musicien et de producteur et l’approche globale de sa vision esthétique. En ce moment, ce sont les oeuvres orchestrales de Ravel qui tournent sur ma chaîne et Ochre, un disque de morceaux traditionnels anglais revisités par Andrew Cronshaw multi-instrumentiste passionné par les instruments à cordes de type zither et les flûtes, il est d’ailleurs présent sur un des morceaux de mon Ep.
Quant à mes textes, ils sont le reflet de mes expériences personnelles. Parce que je suis le sujet que je connais le mieux.
  • *Ton rêve musical?
Je ne peux pas penser à un rêve en particulier. L’avantage avec la musique est qu’il y en a une multitude.
  • *quels sont tes projets?
En ce moment je me concentre sur le développement du projet sur scène et je commence à travailler sérieusement à un album.

Vous pouvez aller voir Lidwine, et croyez bien que c’est plus que recommandé, aux dates suivantes:
17 Novembre aux Mains d’Oeuvres – Saint Ouen avec Peau, Rivkha et Suzanne The Man
7 Décembre Rhythm Factory – Londres avec The Rodeo et Julie Peel
21 Décembre Espace B – Paris avec Christines & the Queens
Son EP, « Lw », est disponible depuis le 18 octobre depuis toutes les plateformes de ventes de musique digitale ou en version digipack sur son shop: http://www.lidwine.com/shop
Vous retrouverez son univers poétique et esthétique ici et ici .
Les.Âm-AteURs la remercie chaleureusement pour sa gentillesse, lui souhaite une longue et joyeuse carrière et on lui dit à bientôt car dès qu’il me sera possible de retourner la voir je ne me ferai pas prier.
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